Le texte suivant est le message intégral d’un tract que nous avions compté distribuer lors d’une contre-manifestation ciblant un groupe de personnes qui avaient planifié un rassemblement pro-armes à la Place du 6 décembre ce samedi 2 décembre. Ce rassemblement a maintenant été déplacé hors de Montréal, et la contre-manifestation prévue est donc annulée. Nous trouvons encore pertinent de distribuer ce texte, qui explique les liens du rassemblement – et des “gunnies” – avec l’extrême droite Québécoise. Un texte plus approfondi à ce sujet suivra.

Aujourd’hui, des gens s’identifiant comme les “gunnies” avaient planifié un rassemblement au site mémorial pour les victimes de la tuerie au collège Polytechnique en 1989, durant laquelle 14 femmes ont été assassinées par Marc Lépine, un tireur antiféministe.

Nous sommes ici pour partager notre solidarité et notre colère par rapport à cette provocation misogyne.

Dans la dernière année, nous avons été témoin.es d’une montée dégoutante de crimes haineux et de mobilisations d’extrême droite à travers le Québec. Ceci fut déclenché notamment par la tuerie du 29 janvier au Centre culturel Islamique de Ste-Foy. La vague d’activité actuelle de l’extrême droite a beau mettre le focus sur les Musulmans, elle demeure hostile à tout ce qui peut servir de menace à la société Québécoise “traditionnelle” de leur imaginaire – une société composée de Catholiques blanc.hes, francophones, et hétérosexuel.les, les hommes “protégeant” les femmes et déterminant les règles du jeu.

Le rassemblement des soi-disant “gunnies” fut organisé par le collectif Tous contre un registre québécois des armes à feu, et spécifiquement par des officiaux du Parti conservateur, Guy Morin et Jessie McNicoll. Il n’est pas du tout surprenant que McNicoll et Morin, ensemble avec plusieurs personnes ayant indiqué leur intérêt à assister à l’événement, appuient également plusieurs groupes d’extrême droite, comme Storm Alliance, La Meute, et les Three Percenters.

Les Three Percenters forment un groupe auquel plusieurs personnes comptant participer à ce rassemblement, incluant Guy Morin, sont associées. La milice du III%, comme on les appelle souvent, sont un groupe paramilitaire, fondé en 2008 aux États-Unis, qui promet une résistance armée contre tout effort pour enfreindre à la possession d’armes à feu. Or, leur agenda politique concerne beaucoup plus qu’une position pro-armes. Aux États-Unis, les Three Percenters ont été impliqués activement dans des patrouilles illégitimes le long de la frontière avec le Mexique, bloquant des autobus remplis d’immigrant.es déjà détenu.es et organisant des rassemblements anti-refugié.es. Des membres de la milice du III% ont manifesté devant des mosquées, et ont été impliqués dans plusieurs actes violents, incluant un incident, en novembre 2015, lorsqu’un sympathisant du groupe a tiré sur cinq personnes à un rassemblement Black Lives Matter à Minneapolis. Au Canada, des membres de la milice du III% ont entrepris une surveillance de mosquées et tentent d’intimider les contre-manifestants à leurs rassemblements anti-musulmans et anti-immigrants.

Il existe un chevauchement clair entre le collectif Tous contre un registre québécois des armes à feu, les Three Percenter, et autres groupes d’extrême droite, incluant Storm Alliance et La Meute. Plusieurs membres de la milice du III% armés de matraques et affichant les symboles du groupe ont été identifiés comme membres du détail de sécurité pour la récente manifestation raciste organisée par ces deux groupes le 25 novembre à Québec. De plus, avant la descente de l’événement Facebook pour le rassemblement “gunny” du 2 décembre, plusieurs membres de Storm Alliance et de La Meute avaient indiqué leur intérêt à y participer. En même temps, un des « gunnies », Martin Leger, qui a fait une vidéo insultante accusant les victimes du massacre de Lépine d’être des « polypleurniches »,  est un ancien membre de la scène néo-nazie des Québec Stompers dont le groupe Atalante est issu (qui étaient également présents le 25 novembre).

Le fait de planifier un rassemblement “gunny” au site mémorial des victimes de Polytechnique s’agit d’une provocation antiféministe évidente. Alors que des groupes comme Storm Alliance et La Meute prétendent favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes, ils dénigrent systématiquement le féminisme pour avoir “ruiné” des femmes au Québec, ou comme étant partie d’une conspiration de gauche visant à affaiblir la nation québécoise. Ces groupes racistes s’intéressent majoritairement à positionner les hommes blancs Québécois comme protecteurs des femmes blanches contre la “menace” qu’ils croient posée par “d’autres” hommes. Et pourtant, depuis le 6 décembre 1989, plus de 1500 femmes et filles ont été assassinées au Québec, généralement par des hommes blancs, et plus souvent que rarement par des hommes dans leur propre entourage. Le racisme et la misogynie démontrés par Storm Alliance, La Meute, et les Three Percenters ne saura protéger personne – au contraire, ils mèneront tout simplement à une violence accrue envers les femmes, incluant spécialement les femmes issues de communautés ciblées par ces groupes.

Nous sommes déterminé-e-s à résister par tous les moyens nécessaires à la montée de l’extrême droite et à son programme identitaire raciste, sexiste, homophobe et transphobe.

Montréal Antifasciste: Uni.es contre le racisme, le patriarcat et le colonialisme

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